Le rôle du DRH face à l’IA générative : stratège ou exécutant ?

Sommaire
L’IA générative s’impose aujourd’hui dans l’entreprise à une vitesse inédite. En quelques mois, elle est passée du statut de technologie émergente à celui d’outil déjà utilisé — parfois massivement — par les collaborateurs. Recrutement, formation, communication interne, gestion des compétences, pilotage RH… Les cas d’usage se multiplient.
Face à cette accélération, une question traverse de nombreuses directions des ressources humaines :
Le DRH doit-il piloter la transformation liée à l’IA générative ou se contenter d’en exécuter les décisions prises ailleurs ?
Derrière cette interrogation se cache un enjeu plus profond : la place stratégique de la fonction RH dans l’entreprise à l’ère de l’IA.
L’IA générative : un sujet qui dépasse largement la technologie
Une adoption déjà réelle sur le terrain
Contrairement à d’autres vagues technologiques, l’IA générative ne s’est pas imposée uniquement par le top management ou la DSI. Elle s’est diffusée par les usages, souvent à l’initiative des collaborateurs eux-mêmes :
- rédaction de contenus,
- aide à la préparation d’entretiens,
- synthèse de documents,
- support à la prise de décision,
- création de supports de formation.
Plusieurs analyses montrent que l’adoption de l’IA générative est aujourd’hui largement “bottom-up”, parfois en dehors de tout cadre formel.
Un impact direct sur les missions RH
L’IA générative touche le cœur des activités RH :
- recrutement (sourcing, tri de CV, rédaction d’annonces),
- formation (contenus, parcours, personnalisation),
- gestion des compétences,
- communication interne,
- accompagnement managérial.
Elle interroge donc directement le rôle du DRH, bien au-delà d’un simple déploiement d’outils.
DRH exécutant : un risque réel dans de nombreuses organisations
Quand le DRH subit la transformation
Dans certaines entreprises, la trajectoire est déjà connue :
- l’IA est pilotée par la DSI ou l’innovation,
- les outils sont choisis ailleurs,
- les RH sont sollicitées tardivement pour “accompagner le changement”.
Dans ce schéma, le DRH devient :
- gestionnaire de formations de rattrapage,
- garant des règles a posteriori,
- exécutant de décisions déjà prises.
Ce positionnement comporte un risque majeur : laisser l’IA transformer les pratiques humaines sans cadre RH clair.
Les conséquences d’un rôle passif
Lorsque la fonction RH n’est pas associée en amont :
- les usages se développent sans règles partagées,
- les managers bricolent leurs propres pratiques,
- les risques juridiques et éthiques augmentent,
- la défiance peut s’installer chez les collaborateurs.
Plusieurs études sur les transformations digitales montrent que l’absence d’implication RH en amont est un facteur clé d’échec et de tensions sociales.
Pourquoi l’IA générative est un sujet stratégique pour la fonction RH
L’IA transforme le travail, pas seulement les outils
L’IA générative ne se contente pas d’automatiser des tâches. Elle modifie :
- la manière de produire,
- la façon de décider,
- le rapport à l’expertise,
- la frontière entre autonomie et contrôle.
Ces transformations touchent directement :
- l’organisation du travail,
- les compétences attendues,
- les rôles managériaux,
- la relation employeur–collaborateur.
Ce sont précisément des enjeux RH.
Compétences, employabilité et sens
L’IA générative pose des questions structurantes :
- quelles compétences deviennent critiques ?
- lesquelles évoluent ou disparaissent ?
- comment accompagner les transitions ?
- comment éviter une fracture entre collaborateurs “augmentés” et autres ?
Les analyses sur l’avenir du travail montrent que la gestion des compétences est l’un des enjeux centraux de l’IA.
Le DRH stratège : un rôle clé à construire
Passer d’une posture de réaction à une posture d’anticipation
Un DRH stratège face à l’IA générative ne se contente pas de répondre aux demandes. Il :
- anticipe les impacts sur les métiers,
- structure les usages,
- aligne l’IA avec la culture et les valeurs de l’entreprise,
- sécurise les transformations humaines.
Cela suppose de se positionner en amont, aux côtés de la direction générale.
Trois dimensions où le DRH doit être moteur
Gouvernance des usages IA
Le DRH a un rôle clé pour définir :
- ce qui est autorisé ou non,
- les règles d’utilisation des outils IA,
- les responsabilités en cas d’erreur,
- les principes éthiques.
Ces éléments sont essentiels pour éviter les dérives et créer un cadre de confiance.
Source : https://www.deloitte.com/insights/ai-ethics
Transformation des compétences
L’IA générative ne supprime pas le travail, elle le transforme. Le DRH stratège :
- identifie les compétences impactées,
- construit des parcours de montée en compétences,
- accompagne managers et collaborateurs.
Les organisations performantes investissent massivement dans le reskilling lié à l’IA.
Source : https://www.bcg.com/publications/ai-and-the-future-of-work
Accompagnement managérial
Les managers sont en première ligne face à l’IA :
- arbitrage entre autonomie et contrôle,
- évolution des modes de pilotage,
- nouvelles attentes des équipes.
Le DRH joue un rôle central pour outiller et accompagner ces managers.
IA générative et recrutement : un cas emblématique
L’IA générative permet déjà :
- d’accélérer le sourcing,
- d’améliorer la rédaction des offres,
- de structurer les entretiens,
- d’analyser des volumes importants de candidatures.
Ces gains sont indéniables.
Sans cadre RH clair :
- biais dans les décisions,
- manque de transparence,
- risques de discrimination,
- perte de confiance des candidats.
Plusieurs institutions alertent sur les dérives potentielles de l’IA dans les processus RH.
Le DRH stratège est garant de l’équilibre entre efficacité et équité.
Formation et IA générative : un terrain d’expérimentation majeur pour les RH
L’IA générative transforme profondément la formation :
- personnalisation des parcours,
- création de contenus pédagogiques,
- assistants d’apprentissage,
- analyse des données de progression.
Pour le DRH, c’est une opportunité de :
- renforcer l’employabilité,
- aligner formation et stratégie,
- mesurer plus finement l’impact.
Mais là encore, sans pilotage RH, ces usages restent fragmentés.
Les conditions pour que le DRH reste stratège
Monter en compétence sur l’IA
Le DRH n’a pas besoin d’être expert technique, mais il doit :
- comprendre les principes de l’IA générative,
- connaître ses impacts métiers,
- maîtriser ses risques.
Travailler en étroite collaboration avec la DSI et les métiers
La stratégie IA ne peut être ni purement technologique, ni purement RH. Elle nécessite :
- une vision partagée,
- des arbitrages communs,
- une gouvernance transverse.
Porter un discours clair auprès des collaborateurs
Le flou génère de la peur. Le DRH stratège :
- explique les objectifs,
- rassure sur les intentions,
- donne du sens aux transformations.
Stratège ou exécutant : un choix plus qu’une fatalité
Le rôle du DRH face à l’IA générative n’est pas écrit d’avance.
Il dépend :
- de sa capacité à se positionner,
- de son niveau d’acculturation,
- de sa légitimité stratégique au sein du CODIR.
L’IA générative peut marginaliser la fonction RH… ou au contraire la repositionner comme un acteur central de la transformation.
L’IA générative agit comme un révélateur. Elle met en lumière le rôle réel de la fonction RH dans l’entreprise.
DRH exécutant, intervenant en bout de chaîne, ou DRH stratège, co-pilote de la transformation humaine ?
Les organisations qui réussiront seront celles où le DRH aura su :
- anticiper plutôt que subir,
- structurer plutôt que freiner,
- accompagner plutôt que contrôler.
Face à l’IA générative, la question n’est donc pas seulement technologique. Elle est profondément humaine et stratégique.
IA et recrutement : formation Sourcer et recruter avec l’IA générative

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